Katmandou, Nepal - Juin 2009
On arrive à Katmandou le jour d’une manifestation. On ne connaît pas la raison, On sait juste que celle-ci fait suite à l’assassinat d’un opposant politique. Toutes les routes sont bloquées et les touristes sommés d’attendre devant l’aéroport. Nous traversons la ville dans un mini bus escorté par un 4*4 de l’armée. Les rues sont jonchées de grosses pierres et d’amas de bois auxquels les manifestants ont mis le feu. Les trottoirs sont surpeuplés. J’ai du mal à distinguer les protestataires des passants ordinaires. Les choses s’éclaircissent quand j’aperçois un immense drapeau communiste brandit par un homme au milieu de la foule. La manif est orchestrée par le mouvement maoïste qui vient de céder la tête du pouvoir il y a quelques mois. A ce moment la, je me demande si ce marteau et cette fossile ont pour eux la même signification que pour moi. On arrive à l’hôtel après 30 minutes, accueillis par les namastés de bienvenu du personnel.
Le lendemain tout est redevenu normal. On part se balader à pieds dans les rues de la capitale Népalaise. Katmandou. Les drapeaux bouddhistes colorés, les temples hindous, les moines tibétains etc. tout cela est rapidement occulté une fois entrés dans les entrailles de la cité. La densité d’être humains, animaux, véhicules en tout genre y est très forte. En Europe cette ville sage bénéficie de son association au Tibet, au bouddhisme, à l’Himalaya. La pauvreté, le dénuement y est frappant. Je croyais naïvement que ce degré de souffrance était aujourd’hui le monopole de certain pays africains. Les rues sinueuses de Katmandou sont pleines de magnifiques lieux de prières, de splendides bâtiments médiévaux, d’histoire, de gens accueillants, d’enfants désœuvrés, d’adultes oisifs, de chien à moitié dépoilés, d’odeurs putricides. Je n’ai pas envie de regarder mais j’ai du mal me détourner. La misère est si omniprésente par endroits que j’enregistre que les détails : un homme rampant aux jambes difformes, des enfants qui mendient avant même de savoir parler, des femmes nettoyant leur linge dans une rivière dégueulasse, des personnes âgées finissant leur vie au milieu de déchets fumants.
Mes photos sont pas forcément représentatives puisuqe j'en ai pris la ou je pouvais.
Katmandou était beaucoup moins peuplé il y a de cela 15 ans. La progression des rebelles maoïstes par les campagnes a provoqué une très importante immigration urbaine et il semblerait que la capitale se soit rapidement trouvée trop petite pour tout ce monde. Le manque d’argent et les déboires (comiques si ils n’étaient pas si tragiques) de la famille royale ont fait qu’une grande partie des habitants vit dans une pauvreté extrême.
Je suis allé faire une balade dans les collines avoisinantes. C’est beau, c’est vert, avec des paysages magnifiques. La vie, aussi pauvre, semble être beaucoup plus supportable. Comme si l’altitude et la distance leur évité l’indigence moderne. Par contre, comme en ville, j’ai croisé des porteurs et porteuses. Je ne sais pas comment font ces gens. Ils portent un chargement de plusieurs dizaines de kilos maintenu sur leur dos courbé par une courroie qui leur enserre le front. Ils marchent des heures comme ça.
La tradition hindouiste veut que les morts soient brulés (principalement aux abords de rivières ou de fleuves). Le dernier jour je suis allé visiter un temple hindou tout prêt de l’aéroport. Je rentrais à peine dans l’enceinte que je voyais déjà la fumée épaisse des crémations en cours. Les corps, enroulés dans un lin seuil, sont posé à même une pile de bois auxquels les proches mettent le feu. L’odeur de chair humaine brulée, je ne vais pas oublier de si tôt. Bien que ce fût une expérience dès plus singulières, j’avoue que ça prête facilement au recueillement et à la réflexion. Je passe les autres nombreux détails qui sont sordides pour nous occidentaux mais exécutés très simplement par les gestionnaires de cet incinérateur à ciel ouvert. Éh Ouai, j’ai quand même pris discrètement une photos à distance raisonnable et parce que c’est autorisé.

Faut pas croire, j’ai beaucoup aimé ce séjour. Les népalais sont gentils, souriants et accueillants. J’ai travaillé avec des gens super sympas, venant du Bhutan, d’Afghanistan, du Bangladesh, d’inde, du Pakistan (ces deux derniers s’entendaient comme des frères) et du Sri Lanka. Et puis je n’ai vu du Népal que Katmandou et ses alentours.
Un petit check est toujours nécessaire. pas toujours convaincu de l'aspect, mais faut pas gacher.




















































































